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weekend à la montagne

12 Juillet 2006 , Rédigé par Annonciade Publié dans #Géorgie 2006

J’ai passé le weekend chez des amis dans un petit village près de Borjomi, une ville balnéaire située dans le petit Caucase (du côté de l’Arménie). Tsarveri, un village aux charmantes maisons de bois, fût manifestement fort prisé du temps de l’empereur Nicolas II. Il est longé par une voie ferrée, vieille comme Mathusalem, qui a été construite par Eiffel lui-même. Un train, tout aussi décrépi, le « Koukoucha » (appelé ainsi car il fait « Kou !Kou ! ») y passe parfois à une lenteur mortelle - dans les 20 kilomètres à l’heures. D’ailleurs pourquoi irait-il plus vite ?, rien ne presse !, le Koukoucha n’est en effet emprunté que par des bûcherons et des paysans qui descendent en route sans attendre d’arriver à la prochaine gare. L’année dernière, j’avais rencontré dans l’un de ses wagons rouillés, un bien curieux passager ; l’âne Lurdji (« Bleu marine » en Géorgien) que les autres passagers avaient fait rentrer à l’intérieur, de peur qu’il n’attrape un rhume sur la plate-forme !

Le village est aussi traversé par une petite rivière, entouré de hautes montagnes aux forêts denses dans lesquelles viennent s’accrocher des lambeaux de nuages pris au piège. La maison de mes amis se trouve un peu en hauteur à côté d’une jolie petite église en pierres blanches. Le compositeur d’opéra et de musique classique géorgien, Zakaria Paliaschvili, venait se ressourcer là vers 1920.  Peut-être s’accoudait-il à l’un des balcons de bois joliment sculptés pour regarder le soleil se coucher derrière la montagne comme nous avions pris l’habitude de le faire tous les soirs. Peut-être escaladait-il la petite colline assez raide, derrière la maison, d’où l’on observe un défilé interminable de sommets, si bien, me fait remarquer mon ami Anzori, que l’on ne peut s’empêcher de se demander ce qui se cache encore derrière le dernier.

Je suis arrivée bien entendu par le Machoutka, ce petit bus qui traverse toutes les régions du pays et sert de taxi collectif dans les grandes villes, avec mon vieil ami Anzori. Décidés à bien commencer notre weekend, nous avions acheté de la vodka que nous avons évidemment bue en route. Ensuite, une fois à Borjomi après 2 heures de route, il a fallu encore emprunter un taxi, mais nous l’avons lâché 2 kilomètres avant Tsarveri, car nous voulions absolument finir le voyage à pied afin d’arriver à la maison à la nuit tombante éreintés comme des buffles.

Le lendemain, il a malheureusement plu toute la journée, et je me suis gelée. La maison est en effet encore en travaux, pleine de trous, et, si vous voulez mon sentiment sur la question, tous les courants d’air de la vallée doivent se donner rendez-vous là ! Bref, je me suis d’autant plus gelée que la salle commune, celle où toute la maisonnée se retrouve le plus souvent, est en fait un balcon ouvert à tous vents. La vue est imprenable, en face, un peu en contrebas, on observe l’étendue du village, ses maisons aux balcons de bois, la rivière et le Koukouchka, plus haut une montagne habillée de conifères d’un vert sombre, à droite une montagne moins haute aux arbres de plaine plus variés. Quand il fait beau, l’endroit est magique, mais dès qu’il commence à faire froid… L’ambiance était quand même très sympa, entre la grand-mère d’Anzori, sa sœur, ses deux copines, Anzori et moi et, à l’occasion, les voisins, sans oublier le chien du voisin, le tout autour de tasses de thé bien chaud. Mais Dimanche était tout simplement génial ! Il faisait beau, un temps pour se sentir l’âme d’un papillon. Nous sommes partis sur la voie ferrée à pied, afin de rejoindre un vieil hôtel communiste aux fontaines désormais asséchées et remplies de feuilles mortes à travers lesquelles on peut encore admirer des mosaïques usées aux dessins naïfs et colorés : une pieuvre rouge, des poissons jaunes et bleus, des hippocampes verts, une étoile de mer orange... Mais les allées du jardin à l’abandon étaient pleines d’enfants et de vacanciers peu regardant sur le manque d’entretien des lieux. Puis nous sommes repartis à travers champs jusqu’à l’une des fameuses sources d’eau gazeuse de Borjomi. Ces eaux gazeuses aux vertus curatives sont exploitées par l’une des plus grandes entreprises du pays, Georgian and Mineral Water, appelée communément Borjomi, du nom de l’eau de source qu’elle vend en Russie (2e sur le marché russe avant le blocus russe actuel), mais aussi en Israël, aux Etats-Unis et en Allemagne. Personnellement, je trouve l’eau dans son état naturel limite imbuvable, mais tous les Géorgiens en raffolent et s’en servent pour guérir leur maux d’estomac. L’eau en bouteille en revanche est tout à fait potable, à condition d’aimer l’eau gazeuse (ce qui n’est pas mon cas). Bref, nous avons bien évidemment fait un détour par l’une de ces sources « sacrées », puis retour à travers bois sur la voie ferrée et au village, en passant par la rue Staline, après avoir longé un ancien camp de pionniers soviétiques. Et voilà, il fallait déjà repartir pour Tbilissi !, histoire de ne pas rater en rentrant la coupe du monde de football.  Ceci dit, vu le résultat, j’aurais dû rester perchée dans ma montagne sans TV, mais où se lève chaque jour le soleil sur le plus beau théâtre du monde !  

 

 

 

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A
Mais bien sûr de l'eau gazeuse, rien que de l'eau gazeuse.... Embrasses tout le monde de ma part et amusez vous bien!<br /> PS: ma soeur se marie samedi. je pense que nous aussi on boira beaucoup "d'eau gazeuse"...<br />  
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M
salut Aciad,<br /> on boira de l'eau gazeuse à ta santé chez Anaïs Vdi, avec kississou, hadrien, guillaume...<br /> à +<br /> ms
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