Je nierai tout en blog
Ces derniers temps, je manquais un peu d’inspiration quand je suis tombée, en regardant les informations, sur notre star nationale, Micha. Je sais, vous en avez déjà marre d’entendre parler de Saakashvili, et puis ça devient trop politique comme blog, il sera bientôt dangereux d’y traîner. Au cas où le KGB viendrait à lire ces lignes, je vous préviens que je nierai tout en bloc, et puis de toute façon il y a peut-être une autre Annonciade, Française, bref mon parfait homonyme, qui est en train de se foutre de la gueule du président sur ce blog. Il me fait vraiment marrer ce président, je n’y peux rien, c’est plus fort que moi, je le trouve même plus drôle que notre Jacquot national, ce qui, vous en conviendrez, est une belle performance. Donc pour en revenir à Micha…
Hier, Micha était à Batoumi, cette grosse ville portuaire et touristique du bord de la Mer Noire qui se trouve très exactement en Adjarie. L’Adjarie était encore, il y a peu, une région séparatiste de la région sous le pouvoir du dictateur Aslan Abashidze, jusqu'à ce que Saakashvili réussisse à récupérer sans violence la région grâce à l’un de ses tours de force diplomatique habituel. Micha était donc présent à Batoumi pour inaugurer la reconstruction du cirque de la ville et l’installation d’une roue de fête foraine. Premier discours de Micha au cirque, au centre de la piste bien sûr, entouré d’enfants qui hurlent de plaisir et tapent des pieds.
- Les enfants, commence Micha aux anges, je vais vous raconter une histoire…
- OUI !!! hurlent les enfants en sifflant
- Il était une fois, continue Micha… Il était une fois un méchant Aslan [Il s’agit d’Abashidze bien entendu] qui avait fait brûler le cirque national pendant la guerre… Mais, NOUS (et vive Super Micha !), nous sommes arrivés… et nous avons tout reconstruit !!
Remarquez c’est simple comme message, je suis certaine que tous les enfants ont compris vu leurs applaudissements scandés de « Micha ! Micha ! » : Aslan c’est le méchant de la fable, Micha le gentil super héros…
Le plus drôle, c’est que Micha a répété EXACTEMENT le même discours devant la grande roue : quand on a trouvé une rhétorique efficace, il faut en user… et en abuser…
Il faut aussi noter que Micha se prenait là un véritable bain de foule (il est d’ailleurs monté dans la grande roue avec une bande d’enfants), ce qui est plutôt en son honneur, surtout quand on connaît la paranoïa de la police qui l’entoure. Ainsi avant-hier alors que nous nous promenions de nuit sur les hauteurs de Tbilissi avec quelques amis, voilà qu’il nous prend l’envie de prendre en photo la vieille ville qui s’étend à nos pieds.
- Vous n’y pensez pas !, s’écrient deux policiers qui déboulent d’on ne sait trop où, le président est en déplacement de l’autre côté du fleuve (au moins 3 kilomètres plus loin), si l’un des snipers de la sécurité voit le flash au loin, il va croire à un attentat et vous descendre…
Imaginez le carnage si un bus de Japonais venait à s’arrêter un jour sur les hauteurs…