Retour: je vous livre tout en blog
Et bien voilà...après presque deux longues années d'absence et de silence, je reviens sur mon blog et vous livre tout en bloc.
Que s’est-il passé depuis l'achat et l'installation dans mon nouveau "palais" d'Avlbari? D'abord, à l'époque, un peu cachotière, je vous avais caché un fait important: je venais aussi de rencontrer Shalva (mes amis savent comment) qui est devenu il y a deux semaines mon mari...
En Novembre 2006, ma mère a effectué sa première visite en Géorgie. Raison officielle: ma mère voulait voir mon "palais"! Raison officieuse: jauger le nouveau prétendant de sa fille chérie, lui faire un peu peur aussi il est vrai, car enfin il faut aussi que les futures potentielles belles-mères s'amusent un peu, n'est-ce pas? Les confrontations se sont bien passées: avec la maison, mais surtout avec Shalva. Et ma mère, fine psychologue, sentant qu'il y avait autre chose qu'une simple amourette, avait laissé sa bénédiction nuptiale en partant: "C'est bon, il est bien... Tu peux y aller!!" J'y suis allée donc... En décembre, à la grande consternation de tous mes anciens prétendants (ha, ha), après seulement 3 mois de mutuels rodages, nous nous sommes fiancés. Shalva m'a demandé ma main dans un café à la grande déception de mon père qui imaginait une scène un peu plus "princière": Shalva, à genoux, en gants blancs, lui demandant la main de sa précieuse fille chérie... Mais, comme me l'a fait remarquer Shalva fort judicieusement: "C'était avec toi que j'allais passer ma vie, pas avec ton père... Il m'a donc semblé plus important de te demander ton avis à toi d'abord!".
Fin décembre, je suis repartie pour la France, finir mon MBA à l'Essec, laissant un Shalva un peu impatient, mais que faire...
J'ai donc eu 6 mois pour dire au revoir à mon ancienne vie, mes amis, ma famille, mon cher Paris et aussi mon adorable 15 m2 sous les toits du XVIe arrondissement (ouich, très cher!, avec vue sur la Tour Eiffel s'il vous plaît!) où j'organisais de mémorables fêtes de sardines à 11 personnes, une sardine par mètre carré....
En juin 2007, les examens terminés, je me suis mariée civilement avec Shalva à La Mare, la maison de ma mère et de mon beau-père située près de Paris. Nous avons fait quelque chose de simple, un pic-nic grillade avec simplement mes amis et quelques proches familiaux de ma mère. Shalva à l'occasion a aussi découvert Paris pendant une semaine, car, bien qu'il ait voyagé dans de nombreux pays lors de ses pérégrinations étudiantes et professionnelles, dont chez les voisins de la France la Suisse et l'Angleterre, il n'avait jamais abordé mon magnifique pays. Cela m'a aussi permis de faire du tourisme dans ma propre ville, nous nous sommes bien usés les pieds. Shalva a aussi adoré la gastronomie (et les croissants aux amandes ;-)
Après le départ de Shalva pour raison professionnelle, j'ai eu encore dix jours pour dire au revoir à mes proches. Et c'est la gorge un peu nouée que j'ai pris la route fin Juin pour la Géorgie avec ma nouvelle kangoo (un cadeau de ma mère, oui je suis une sale enfant gâtée!), mon auguste mère et son amie Danika.
En voiture, au gré de mille et une aventures, nous avons traversé la France, l'Italie, la Grèce et la Turquie, pour rejoindre enfin la Géorgie. J'essaierai de vous taper le journal de voyage et de le mettre en lien ICI.
Ma mère et Danika ne sont pas restées très longtemps en Géorgie, car enfin il avait bien fallu 15 jours de route pour atteindre le point d'arrivée et le temps leur était compté! A leur départ, je me suis donc retrouvée installée en Géorgie avec mari, logement à adopter (le sien), maison à restaurer (à Avlabari), et boulot à trouver. J'ai donc profité de l'été pour construire une cheminée à Avlabari et trouver un emploi.
En septembre, j'ai commencé à travailler à la Société Générale qui a racheté 60% d'une banque géorgienne, la Bank Republic, en 2006.
J'ai aussi sérieusement commencé à rénover Avlabari (voir l'album ICI). La tuyauterie et l'électricité ont été refaites, le toit et la mansarde aussi, ainsi que l'entrée voiture (auparavant une pente pleine de gravas) et les fenêtres. J'ai aussi revu la configuration de la maison, sans toucher aux murs porteurs bien sûr, ai cassé l'ancienne salle de bain (adjacente à la cuisine) et fait construire 3 nouvelles salles de bains. Il y a aujourd'hui 3 futures salles à coucher et 3 salles de bains, une future salle à manger et cuisine adjacente, plus un salon avec sa cheminée et une future bibliothèque... Mais il y a encore du pain sur la planche!
En mai 2008, Shalva et moi nous sommes mariés. Pour l'occasion, 40 proches, parents et amis, sont venus de France pour assister à l'évènement et je tiens à les remercier encore une fois de s'être déplacés si nombreux! La messe a eu lieu dans la petite église très pittoresque de Mama Daviti, une vieille et adorable église de brique, perchée au-dessus du vieux Tbilisi, avec un cimetière des plus prestigieux où sont enterrés poètes, écrivains, danseuses et... la mère de Staline! Le banquet a eu lieu dans un restaurant à l'architecture très "traditionnelle", le "Phaetoni", et, pour compléter l'illusion, chanteurs et danseurs de musique traditionnelle. En fin de compte, après des années d'anticipation négative (du genre: "moi, si je me marie un jour, je ne veux SURTOUT pas de grosse fête, ça va être épouvantable sinon!"), j'ai bien aimé mon propre mariage et je me suis bien amusée. Et surtout, j'ai expérimenté un mariage géorgien DE L'INTERIEUR (voir en lien le mariage de ma sœur).
Bon voici ce que j'ai noté.
- L'église était en travaux: je pense que quelqu'un a pris une photo de moi au milieu de la boue et à côté d'une pelleteuse sous le regard des ouvriers ébaudis par tout ce beau monde qui escaladait la route, impraticable en voiture, en queue de pie, chaussures à talon et chapeaux à plumes.
- A l'église, je suis plus que sûre de ne pas avoir fait trois le tour autour de l'autel comme le veut la tradition orthodoxe: en fait, mon voile glissait tout le temps et dévoilait ma tête et mes épaules ("cachez ses épaules que je ne saurais voir!"), ce qui a dû troubler le prêtre d'où seulement deux tours eu lieu de trois...
- A la sortie, trois mendiantes gagnées par un très fort embonpoint (pas très crédible quand on fait la manche, elles auraient dû se mettre au régime), glapissaient aux invités français dans un géorgien incompréhensible pour eux: "Des riches Français, que des Français! Et pas un sou pour nous! Quels radins, ces Français!"; et moi de pouffer en dévalant la pente avec ma robe flottant au vent: "et alors!, ce n'est parce qu’on est français qu'on est riche!". Bouche bée les commères!, zut les Français parlent le géorgien!
- Grâce à mes injonctions répétées ("pas de bijoux, je ne sais pas quoi en faire"), je n'ai pas reçu trop d'or comme le veut la tradition orientale: j'ai quand même eu quelques bagues et pendentifs, en or bien sûr!
- Le banquet comme toujours a commencé bien trop tôt, 18h! Mais comme ni Shalva ni moi n'avions eu e temps de manger quoi que ce soit de la journée, nous étions ravis... Si bien que maintenant, je sais pourquoi les banquets géorgiens sont si tôt... C'est pour permettre aux rois de la fête de se sustenter un peu.
- Les Français se sont bien mis à la danse géorgienne.
- Ensuite mon frère Guillaume s'est révélé en DJ de soirée et en bête de scène, si bien que tous les invités sont venu me demander si il organisait des soirées étudiantes, parce qu’enfin il pourrait se faire bien payer...
- Le soir du mariage, Shalva et moi nous sommes couchés à trois heures et demi du matin... parce que nous voulions ouvrir tous nos cadeaux comme des gamins excités par leurs cadeaux d'anniversaire! Je n'ai pas voulu quitter ma robe de mariage que je trouvais si belle et j'ai failli dormir avec.
- Le lendemain, Shalva et moi avions la gueule de bois et des cernes de 5 centimètres, comme c'est romantique!
Mes invités français sont ensuite restés pour la plupart une semaine, ce qui nous a permis de visiter de beaux sites. Lundi, la veille capitale, Mrseta, et un monastère non loin, Chiumxvime. Mercredi le désert de David Garaedji, son monastère et ses grottes peintes, à la frontière de l'Azerbaïdjan. Jeudi, le musée de Staline à Gori sa ville natale, sa maison d'enfance et son wagon, et la ville troglodyte d'Ouplisikhe (IVe siècle avant JC) dont le Dieu était une femme, (enfin un peuple intelligent!), "la Grande Nana!" ("Nana" est un prénom en Géorgie, mais vous pensez comme cela a fait ricaner les invités!) à laquelle on sacrifiait des hommes (Ce qui fait dire aujourd'hui d'une femme fatale: "C'est une nana dévoreuse d'homme").
Je n'ai pas beaucoup dormi, me suis levée deux fois à 4h du matin pour accompagner la première moitié du groupe à l'aéroport le mardi, puis la deuxième le Vendredi; ai eu l'impression d'être le guide d'une agence touristique 24h/24 pendant une semaine, mais j'ai adoré. Surtout j'ai eu la chance de pouvoir profiter pleinement de mes proches, de ma famille et de mes amis pendant une semaine. Le vendredi, quand j'ai accompagné les derniers invités à l'aéroport, dont ma mère, j'ai eu encore un grand serrement de cœur.
Revenez vite en Géorgie, vous me manquez déjà!