L’Union Soviétique (1921 – 1989)
En fait l’origine du Conflit remonte à l’Union Soviétique quand Moscou accorda une autonomie limitée aux oblasts d'Adjara (1921), d'Abkhazie
(1931) et d'Ossétie du Sud (1922) tout en les maintenant au sein de la Géorgie. Staline (pourtant Géorgien, il a tout mis en œuvre pour « mater » efficacement la Géorgie, dont il connaissait sans
doute le « dangereux » caractère nationaliste pour l’avoir dans sa jeunesse activement défendu) appliquait là un vieil adage politique : « Diviser pour régner ».
A partir des années 80, les Abkhazes et les Ossètes du Sud revendiquent leur autonomie, surtout à la suite de la proclamation du Géorgien comme langue officielle de l’Etat en 1989 par le Soviet
Suprême de Géorgie. (Les Ossètes et les Abkhazes, comme d’ailleurs la plupart des provinces de Géorgie, possèdent leur propre langue).
Le 9 avril 1989, à Tbilissi, des forces de sécurité soviétiques répriment violemment des manifestants en faveur de l’indépendance de la Géorgie (hors de l’Union Soviétique) et le maintien de
l’Abkhazie au sein de la Géorgie. Cette violente répression (scènes notamment de chars soviétiques écrasant des manifestants couchés sur les routes) fait 19 morts et de nombreux blessés.
L’accession à l’indépendance de la Géorgie et la guerre civile (1990 – 1993)
En Novembre 1990, d’autres partis que le parti communiste étant autorisés à participer aux élections, celui ci perd alors son monopole et une coalition de partis indépendants diriges par Zviad
Gamsakhourdia remporte la majorité. Gamsakhourdia devient président de facto de la Géorgie, avant d’être élu premier président de la Géorgie en mai 1991.
On a attribue a Zviad Gamsakhourdia la phrase malheureuse de « La Géorgie aux Géorgiens », phrase qui a été interprétée par certains comme une expression antisoviétique et par d’autres -notamment
par des sympathisants extrémistes de Gamsakhourdia - comme une déclaration ultranationaliste. Cette phrase aurait excité les séparatismes latents en Géorgie. Les véritables motivations de
Gamsakhourdia ont par ailleurs été toujours été un peu obscures, celui-ci s’étant rangé successivement aux côtés de l’occident puis de l’URSS qu’il avait pourtant combattu toute sa jeunesse.
Entre temps, en avril 1991, le Soviet Suprême de Géorgie proclame l’indépendance de la République vis-à-vis de l’URSS. En Décembre, l’URSS s’effondre.
A partir de 1990, de violents heurts opposent les Géorgiens et les Ossètes du Sud et, en 1992, des troupes russes sont déployées pour maintenir la paix le long de cette frontière.
Fin 1991, la guerre civile éclate à Tbilissi où se déroulent des conflits armés entre les opposants politiques et les partisans du président. Gamsakhourdia fuit la capitale en Janvier 1992 et se
réfugie en Tchétchénie puis en Finlande.
En 1992, Édouard Chevardnadze est alors élu président du Conseil d'État (parlement).
En 1992 également, l'Abkhazie déclare son indépendance. En Octobre 1993, les Abkhazes, avec l’appui de l’armée russe, viennent à bout de la milice géorgienne, envoyée rétablir l'ordre sur ce
territoire. Le conflit fait 10 000 morts et 200 000 réfugiés géorgiens.
En Octobre 1993, Gamsakhourdia tente, sans succès, de reprendre le pouvoir en soulevant une insurrection armée qui embrase l’Ouest de la Géorgie.
Sous la pression russe qui offre à Chevardnadze de mettre un terme au conflit séparatiste et à la guerre civile si la Géorgie entre dans la Communauté des États indépendants, la Géorgie entre donc
dans la CEI et, en 1994, elle conclu un accord autorisant la Russie à conserver trois bases militaires sur le territoire géorgien. De plus, en 1994, l'ONU négocie un cessez-le-feu en Abkhazie où
des soldats de la paix essentiellement russes sont déployés.
En 1994, l'Abkhazie adopte sa propre constitution et, de facto, se déclare indépendante, mais en 1995, elle renonce de nouveau à l'indépendance complète. L'Ossétie du Sud de son côté continue
d'insister sur son statut d'État indépendant.
En Novembre 1995, alors que les forces géorgiennes et celles de l’Ossétie du Sud s’affrontent à nouveau, Chevardnadze est réélu avec 70% des voix.
En Abkhazie, le gouvernement russe commence à distribuer des passeports et le rouble est utilisé pour les activités économiques de la région.
La révolution des roses 2003
En 2003, une revolution pacifique met fin au régime très contesté d’Edouard Chevardnadze. Saakashvili est alors élu avec 96% des voix.
Le pays sort d’une période économique et politique catastrophique, les coupures de courant, d’eau et de gaz sont alors fréquentes. La corruption est généralisée à tous les échelons de
l’administration. Il est par exemple impossible de rouler sans se faire requêter par la police ! En 5 ans, le pays se modernise alors de manière spectaculaire. Le nouveau gouvernement s’attaque
radicalement à la corruption, notamment au niveau de la police et des douanes. Le pays s’ouvre aux investissent occidentaux. Des grands travaux publics sont lancés, tels que la rénovation de routes
parfois impraticables. La croissance est forte, malgré l'inflation. Aujourd’hui, la Banque mondiale classe le pays parmi les 25 les plus favorables au monde pour les investisseurs. Cependant la
pauvreté reste grande dans les campagnes et les pauvres qui jusque là vivaient de marché noir et de petite débrouille voient leur possibilité de survie amoindrie par la lutte anti-corruption et
anti-marché noir du gouvernement.
Au niveau politique, Saakashvili remporte une grande victoire quand en mai 2004 il parvient à récupérer sans violence l’Adjarie, une province séparatiste dirigée par un président pro-russe, Aslam
Abashidze.
Cependant, Saakashvili a promit au début de son mandat de « rétablir l’intégralité territoriale de la Géorgie » et le statut de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud demeure problématique.
A partir de 2004, Saakashvili essaie aussi de se rapprocher de l’OTAN
Crise des relations avec Moscou des 2006
En juin 2005, Mikhaïl Saakashvili obtient de Moscou l’engagement de retirer ses troupes de Géorgie avant la fin 2008.
Cependant, en 2006, les tensions avec Moscou renaissent.
Le 6 août, un tir de missile russe à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Tbilissi, explose sans faire de victime.
En septembre-octobre 2006, le pouvoir géorgien arrête six officiers russes. Les services géorgiens affirment qu’ils étaient engagés dans des opérations de déstabilisation et d’espionnage. Ils sont
remis à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et expulsés. Onze géorgiens soupçonnés d’être en contact avec des officiers russes sont aussi arrêtés.
Suite à cet événement, M Poutine durcit le ton et lance à Moscou, la chasse aux Géorgiens. Un blocus aérien, maritime, postal et routier est décrété par Moscou. Des descentes de police visent les
géorgiens, qui sont ensuite expulsés vers Tbilissi. Les enseignants doivent signaler les enfants géorgiens à la police. La politique migratoire à l’encontre des géorgiens se durcit. Les transferts
d'argent effectués par les Géorgiens installés en Russie (indispensables à l’économie géorgienne) sont suspendus. Les Géorgiens souffrent du blocus (surtout pour ce qui est des exportations de vin,
d’eau minérale, de fruits et légumes). Le géant russe du gaz, Gazprom, annonce le doublement du tarif du gaz fourni. Cette politique n’empêche pas une période de croissance économique.
Durant l’hiver 2006, deux explosions, l’une sur une ligne électrique approvisionnant la Géorgie en électricité russe, l’autre sur un conduit alimentant la Géorgie en gaz russe, prive une partie de
la Géorgie de gaz et d’électricité alors que l’hiver est particulièrement rude. Selon le président Georgien la Russie aurait fréquemment menacé la Géorgie de « se retrouver sans lumière et sans gaz
». La Russie récuse et parle d’attentat Tchéchène, les explosions étant localisées à proximité de la Tchétchénie.
En novembre 2007 L'opposition géorgienne, divisée, tente de se mobiliser contre le président Saakashvili. Elle exige une limitation des pouvoirs du président. L'opposition réclame la tenue des
élections législatives au printemps 2008, comme le prévoit le calendrier, et non à l'automne, comme en a décidé le président. La manifestation mobilise des dizaines de milliers de Géorgiens. Des
opposants réclament la démission du président.
Celui-ci répond par la répression. L’état d’urgence est décrété ; les libertés politiques sont restreintes pour quinze jours. Le président fait fermer, manu militari, la chaîne de télévision Imedi,
principale voix de l'opposition, ainsi que Kavkassia, une autre chaîne privée.
Mikhaïl Saakashvili, contesté dans la rue, critiqué en Occident choisit pour sortir de la crise de convoquer un scrutin présidentiel le 5 janvier. Il est réélu avec 52% des voix. Les représentants
de l'OSCE, qui jugent l'élection «valide». L'opposition, approuvée par Moscou, crie à la fraude, et réclame un second tour, mais ne mobilise que quelques milliers de manifestants.
En mai 2008, son parti, le Mouvement national uni remporte une nette victoire aux élections législatives avec 60 % des suffrages. Il détiendra 120 des 150 sièges du nouveau Parlement La plupart des
partis de l’opposition (a laquelle revient 30 des 150 sièges) refuse de siéger au parlement jugeant « frauduleux » le résultat des élections et continue à réclamer la démission du président.
En mars 2008, L’OTAN tempère les espoirs d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine. Certains pays européens, tels que la France et l’Allemagne, souhaite en effet préserver leur relation avec Moscou.
D’autre part, la Démocratie de Saakashvili est contestée et on accuse celui-ci d’autoritarisme croissant. La manifestation géante anti-Saakashvili de novembre 2007 menée par une opposition divisée
confirme ce sentiment.
Les tensions avec les provinces séparatistes s’intensifient en 2008
Le 9 mars 2008 : L'Abkhazie demande sa reconnaissance à la communauté internationale.
Le président géorgien, Mikhaïl Saakashvili, a formulé de nouvelles propositions, le vendredi 28 mars 2008, en vue d'un règlement du conflit en Abkhazie, dans la lignée d'un plan datant de juin
2006. Proposant une " autonomie illimitée " à la région séparatiste, il a évoqué la création d'une zone franche dans les districts d'Otchamtchira et de Gali, l'attribution de la vice-présidence de
la Géorgie à un Abkhaze et un droit de veto sur toute décision constitutionnelle concernant l'Abkhazie. Le dirigeant indépendantiste abkhaze, Sergueï Bagapch, a qualifié ces propositions de "
propagande ".
De fait, aujourd'hui, l'Abkhazie a presque tout d'une république de la fédération de Russie. On y paie en roubles, les deux compagnies de téléphonie mobile sont des filiales de firmes moscovites,
ainsi que les quelques banques de la place. Les six hôtels reconstruits (les autres sont en ruine depuis quinze ans) ont été rachetés par des hommes d'affaires russes ou vivant en Russie; et les
splendides centres de villégiature du bord de mer (autre fierté de l'Abkhazie) appartiennent tous à l'armée russe. Située à proximité de Sotchi, Soukhoumi, la capitale de l’Abkhazie, et ses
environs ont aussi fait récemment l’objet de développements russes importants en prévision des jeux olympiques de 2014. De plus, depuis que le Kremlin a décidé, en 2002, d'en délivrer à tous ceux
qui le demandent, 80% de la population abkhaze a désormais un passeport russe Avec ce passeport, les personnes âgées peuvent aussi toucher une retraite russe qui est trois fois supérieure à celle
donnée par les autorités abkhazes.
La même politique de diffusion des passeports a été observée en Ossétie du Sud durant les dernières années. De plus, l’Ossétie du Sud qui vit principalement de contrebande et de commerces illégaux
a vu ses possibilités de trafics réduites avec la Géorgie suite à la décision du gouvernement de lutter contre la corruption. Ses relations se sont donc intensifiées avec la Russie.
L’Abkhazie, comme l’Ossétie du Sud sont occupées depuis la fin de la guerre civile (1990 – 1993) par des « soldats de la paix » russes.
D’autre part, Moscou décide, le 16 avril 2008, de renforcer ses liens économiques avec les territoires séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, renforçant ainsi son influence sur ses
régions.
La multiplication des incidents en 2008
lundi 21 avril 2008, un avion de chasse russe abat un avion de surveillance géorgien (un « drone ») qui survolait l'Abkhazie. Un rapport de la mission de l'ONU en Géorgie (Monug) l’atteste peu
après.
En avril, Moscou envoie 450 parachutistes dans la région séparatiste - officiellement des « membres des forces de maintien de la paix ».
La Russie a annoncé, mardi 29 avril, qu'elle renforçait ses troupes en Abkhazie et en Ossétie du Sud, en accusant la Géorgie de préparer une " opération militaire ", ce que Tbilissi dément.
17 juin : arrestation de quatre soldats russe par les Géorgiens dans la région de Zougdidi (nord-ouest de la Géorgie), près de l'Abkhazie, en possession de 20 missiles antichars. Ils ont été
relâchés, mais les missiles ont été saisis à des fins d'enquête.
29 juin : Deux explosions, dont une a fait six blessés, se sont produites dans la station balnéaire de Gagry, dans la région séparatiste de l'Abkhazie. La première a eu lieu près d'un marché et la
deuxième, quelques minutes plus tard, devant un centre commercial ; le chef de la police locale en accuse la Géorgie…
Jeudi 3 et vendredi 4 juillet. Des combats entre les forces de la République séparatiste d'Ossétie du Sud et celles de Géorgie fidèles au président Mikhaïl Saakashvili ont fait deux morts et plus
d'une dizaine de blessés,
19 juillet : Les heurts commencent, avec un attentat raté contre Dimitri Sanakoïev, chef du gouvernement " alternatif " (pro-géorgien) d'Ossétie du Sud. Ils se poursuivent la nuit suivante.
Sources principales : Colisée, article de Miriam Melua http://colisee.org ; Mouvement Démocrate du Nord, art de M. Merchier http://www.mouvement-democrate-nord.net , Wikipedia (sur Gamsakhourdia),
mon expérience du terrain et mes proches